Parcours patrimonial | La ville du Port


Note

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Au commencement était… le port

[Bassin du port de la pointe des Galets (Réunion)] / Charles Saunier. IHOI / Archives départementales de La Réunion / Collection des albums de Charles Saunier, photographe et éditeur à Saint-Denis, vers 1861-vers 1882 (11, 12 et 33 FI) N° d’inventaire : 33FI1.25  

1879-1895, la ville née d’un port

En 1873, la grande plaine inhabitée de la Pointe des Galets est choisie pour implanter un vrai port destiné à remplacer le système rudimentaire des marines.

La construction du port, démarrée en 1879, mobilise des milliers d’ouvriers appelés les « pionniers du désert ». Ils s’installent dans des cases ou paillotes de fortune à proximité des chantiers. La ville remplace peu à peu le désert. Le port de commerce est inauguré en 1886. Dix ans plus tard, la Pointe des Galets se détache de la commune de La Possession pour devenir une commune à part entière : Le Port. Tous les équipements – mairie, gare, marché, cinéma, église, école – sont construits pour les besoins de cette population. La classe ouvrière prédomine, les habitants étant essentiellement dockers, ouvriers ou cheminots. Le Port devient naturellement le berceau du syndicalisme réunionnais.

Entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle, Le Port est le lieu de passage obligé. Le port est le trait d’union entre La Réunion et le reste du monde. Le chemin de fer fait le lien entre Le Port et le reste de l’île.

À partir de 1960, Le Port n’est plus l’unique point d’entrée

En 1930, la piste de l’aérodrome commercial de La Réunion, baptisé « Colonel Dagnaux », est construite sur le territoire portois, à l’emplacement de l’actuel nouveau port. Le port n’est plus le seul point d’entrée sur l’île. L’avion remplace le transport maritime des passagers. L’automobile remplace le chemin de fer à partir des années 1950-1960. Le nouveau plan de circulation contourne la ville. Enfin, la départementalisation provoque un profond bouleversement des structures économiques et sociales de l’île.

1971-1982, La reconquête

Dès 1971, l’équipe municipale en place fait le pari d’un aménagement global urbain dynamisant. Elle adopte le plan d’urbanisme directeur. Il s’agit de reconnecter la ville aux grands axes routiers, de reconquérir la façade maritime et de modifier le climat désertique par la végétalisation de la ville. La municipalité engage les travaux d’adduction d’eau, d’assainissement et d’amélioration des conditions d’habitat. Le premier programme de résorption de l’habitat insalubre de l’île se fait au Port. De nombreux et ambitieux équipements sportifs, scolaires et culturels sont construits.

À partir des années 1980,  rupture entre le port et Le Port

Les années 1980 et 1990 sont celles du défi de la reconversion économique : nouveau port, zones industrielles et zones d’activités. Les secteurs sont fortement diversifiés : technologie, information, images, son, formation. Le Port se trouve ainsi conforté dans son rôle de pôle économique majeur.

Cependant, le nouveau port construit à l’Est du territoire communal prend une dimension n’ayant plus aucune mesure avec celle de la ville. Il devient le troisième port français pour le volume de conteneurs traités et le seul port de France à cumuler les cinq fonctions de gare maritime, port de commerce, base navale, port de plaisance et port de pêche. La clôture érigée entre la ville et son port historique matérialise la rupture. La ville doit apprendre à vivre sans son espace portuaire historique.

Parallèlement, la Ville engage un ensemble de réalisations qui renouvelle le paysage urbain. Le parc boisé est construit sur la savane. Les travaux d’endiguement de la rivière des Galets permettent de récupérer des portions de berges. Le port de plaisance est étendu et modernisé. L’aménagement des zones d’activités économiques se poursuit.

Tous ces événements bouleversent l’organisation sociale et traditionnelle de la cité maritime. Une nouvelle logique économique s’impose, accentuée par le transfert des activités de l’ancien vers le nouveau port. Le centre-ville perd de son attractivité. La municipalité se trouve dans l’obligation de résorber l’habitat insalubre. C’est ainsi que la ville se développe en périphérie de la première couronne.

N° d’inventaire : 5P1.2006.JL.PL-248 La Réunion : vue aérienne du port de la Pointe des Galets / Jean Legros photogr.. – [La Réunion] : [s.n.], 1955-1960. IHOI – Fonds privé Jean Legros (1920-2004)
N° d’inventaire : 1984.07.04.20 Album de La Réunion : Port de la Pointe des Galets, d’après le plan-relief de M. le Capitaine Filoz / Roussin, Louis Antoine. Dessinateur et lithographe. – 1880. IHOI – Conseil général de La Réunion, Musée Léon Dierx

Hôtel de Ville

La Commune du Port est créée le 22 avril 1895. Dans un premier temps, les services de la mairie s’installent dans une modeste case. À partir de 1903, les services municipaux occupent « l’Hôtel du Port », rue Évariste de Parny. Le bâtiment de la mairie, à son actuel emplacement, est inauguré à la fin de l’année 1911 et achevé en mars 1913.

Au début des années 1950, le maire, Léon de Lépervanche,  décide de faire restaurer la mairie. Le cabinet d’architecte Jean Bossu est choisi pour remplacer le toit (bardeaux) et le parquet (bois) par des dalles en béton. La cour arrière est alors consacrée aux meetings et bals populaires.

Dans les années 1970, le bâtiment prend un étage supplémentaire. Durant la décennie suivante, la façade est modifiée. Le projet d’agrandissement est lancé en 2008. La nouvelle mairie comprend un nouveau bâtiment construit sur la plate-forme arrière.

1905

N° d’inventaire : 15P1.DU1.6 IHOI / Collection de cartes postales réunies par J.-F. Hibon de Frohen (1947- ) Réunion. – PORT. – La Mairie – Jour d’Election / Cliché O.D.M. – 6. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, [1905].

1911-1954

N° d’inventaire : 5FI11.93 IHOI / Archives départementales de La Réunion 2 – RÉUNION – Pointe des Galets : La Mairie. / E. Donat – Edition E. Donat. – [193.].

La place des Cheminots

Au début du XXe siècle, la voie ferrée passe à cet emplacement. Le cyclone de 1948 ravage les paillotes des ouvriers et employés du CPR. Le personnel est relogé dans de petites maisons construites sur un terrain en friche entre la rue des Volontaires (actuelle rue Léon de Lépervanche) et la gare.

50 ans plus tard, l’espace est rendu vacant pour y aménager un espace public. Il accueille le marché forain à partir de l’an 2000.

L’esplanade est baptisée « Place des Cheminots » en hommage aux travailleurs du chemin de fer.

N° d’inventaire : 5FI11.37 Réunion. – PORT. – Le Magasin général du Ch. de fer et du Port / Cliché O.D.M. – 62. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, [1905]. IHOI / Archives départementales de La Réunion
N° d’inventaire : 15P1.HM1.29 Notice complète : LA RÉUNION. – LA POINTE-des-GALETS. – La Gare / Cliché Henri Matthieu. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, [1900-1920]. Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- )

Chemin de fer

Les axes majeurs de la ville d’aujourd’hui correspondent au tracé du chemin de fer inauguré le 11 février 1882. À partir de la suppression du chemin de fer, officialisée le 6 avril 1956, les rails sont arrachés et/ou recouverts par le bitume. Mais le tracé demeure intact.

Le chemin de fer est très lié à l’histoire du Port.

D’abord parce que, à la fin du XIXe siècle, la construction du port et celle du chemin fer sont interdépendantes. Les rails s’étendent même jusqu’au bout des docks.

Ensuite, Léon de Lépervanche, maire du Port de 1945 à 1961 et député, est un cheminot. Il organisait les luttes syndicales en se déplaçant en train.

N° d’inventaire : 15P1.HM1.32 LA RÉUNION. – Rue de la Gare au Port (Pointe-des-Galets) / Cliché Henri Matthieu. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, [1900-1920]. IHOI /Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- )
N° d’inventaire : 15P1.TG1.2 Réunion. – Port de la pointe des Galets / [Non identifié]. – [S.l.] : [s.n.], [vers 1906]. Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- )

IGN 1950

Sur la ville du Port, les voies routières d’aujourd’hui suivent les tracés du chemin de fer.

Église Sainte-Jeanne d’Arc

Le projet de construire une véritable église au Port émerge en 1892 suite à une pétition de la population. La première pierre est posée en 1903, le chantier démarre en 1904. La nef se termine en juillet 1905. Le révérend-père Meillorat est l’architecte de l’église construite en matériaux locaux : basalte, moellon et pierre de taille.

Cependant, la charpente métallique, arrive par bateau – Ville de Majunga – en novembre 1907 seulement. Bien qu’inachevée, l’église est inaugurée une première fois le 6 janvier 1908 par l’abbé Pascal, vicaire général, jour anniversaire de la fête de Jeanne d’Arc.

Les murs du transept et du chœur sont achevés à la fin de l’année 1913 et une nouvelle inauguration a lieu le 5 avril 1915.

Au fil des décennies, l’église connaît plusieurs transformations : pose du carrelage en 1933, remplacement de la cure en bois sous tôle en 1964, réfection de la toiture en 1967 et pose de vitraux en 1968. La place de l’église est aménagée dans les années 1970.

En 1995, le clocher est réparé et l’horloge remplacée par une version électronique. Une autre rénovation a lieu 2005.

En 2010, une pierre située sous l’une des voûtes de l’entrée se détache. La commune du Port engage alors des travaux de sécurisation et de rénovation. L’église restaurée est inaugurée en juin 2018.

Réunion. – LE PORT. – L’Église en construction / O. Du Mesgnil, Port – 7 [Phot.]. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, [1912]. IHOI / Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- ) N° d’inventaire : 15P1.DU3.7
7 RÉUNION – Pointe des Galets – L’Eglise / [E. Donat éditeur]. – La Réunion : Edition E. Donat, [193.]. Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- ) N° d’inventaire : 15P1.DN1.7
Réunion. – Le Port. – Construction d’une cathédrale / Cliché E. Chardon – [s.l] : [s.n], [1904-1909]. IHOI / Archives Départementales de la Réunion N° d’inventaire : 5FI11.24

L’ancien bureau des douanes

Fleuron du patrimoine portois, ce bâtiment est l’une des plus anciennes bâtisses de la ville. Il figure sur le tout premier plan du port de la Pointe des Galets, il lui est même antérieur puisque sa construction s’est faite plus rapidement que celle du port.

Tourné face à la mer, juste au niveau du premier bassin creusé, il fait office de bureau des douanes, puis des services de la Poste. Depuis 1975, il est occupé par des services de la mairie. Il a conservé son cachet d’origine.

10 RÉUNION – Pointe des Galets : Bureaux des Douanes / [E. Donat phot.]. – La Réunion : Edition E. Donat, [193.]. Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- ) N° d’inventaire : 15P1.DN1.10

Le magasin D5, port Ouest, bassin Émile Hugot

Le magasin D5 a été construit en 1934, en remplacement d’un entrepôt détruit par le cyclone de 1932. Alfred Lebel en est l’architecte, comme plusieurs bâtiments de la Ville du Port construits à la même époque. Lors d’aménagements de l’enceinte portuaire dans les années 1970, le bâtiment est raccourci surtout sur sa façade sud ; D’où son volume cubique, une architecture unique sur l’île.

Le magasin D5 servait à entreposer le sucre destiné à l’exportation.

Grand Bassin du Port et les Docks / Henri Mathieu phot.. – [S.l.] : [s.n.], [1897-19..]. IHOI / Musée des arts décoratifs de l’océan Indien N° d’inventaire : 18P1.6_PHO.2012.2272.28
Le Port, Pointe des Galets : vue aérienne des bassins et des entrepôts du port / Jean Legros photogr.. – [La Réunion] : [s.n.], 1955-1960. IHOI / Fonds privé Jean Legros (1920-2004) N° d’inventaire : 5P1.2006.JL.PL-245

Les maisons des ingénieurs

Au début de la construction du port de la Pointe des Galets, cinq logements de fonction pour des ingénieurs du CPR (Chemin de fer et Port de La Réunion) sont édifiés. Les plans sont dressés en 1878. Les constructions démarrent dans la foulée pour s’achever en 1879. Elles sont édifiées face au bassin principal, tournées vers la mer.

Les maisons s’ouvrent sur le port et l’océan. Toutes construites selon le même plan, elles possèdent un corps central en maçonnerie, entouré de larges galeries qui font office de varangue. Ces villas s’apparentent à l’architecture coloniale des anciennes dépendances anglaises et françaises.

Trois villas subissent des modifications au milieu du XXe siècle. Les deux, qui ont gardé leur physionomie d’origine, sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 2014.

La Réunion. Pointe des Galets – Vue sur Le Port] / [Non identifié]. – [S.l.] : [s.n.], [Date ?] IHOI / Musée des arts décoratifs de l’océan Indien N° d’inventaire : 18P1.15_PHO.2012.2282.1

Quartier Épuisement, Quartier Titan

Dès le début de la construction du port en 1879, les ouvriers, aussi appelés les « pionniers du désert », s’installent dans des baraquements sommaires dans la proximité immédiate du chantier : le quartier Épuisement. Il tire son nom d’un puits situé entre les premiers bassins portuaires et le lit de la rivière des Galets.

À partir de 1883, la compagnie du Chemin de Fer et Port de La Réunion (CFPR) rencontre de graves difficultés liées à la découverte d’un banc de roches très dures large de 30 mètres traversant l’avant-port de part en part.

Pour pouvoir continuer les travaux, la Compagnie installe « Titan », une énorme machine de 3 tonnes montée sur rails, déplaçant les blocs de 120 tonnes de bétons lestés de canons.

À la fin du chantier en 1886, la grue Titan est affectée à la réfection des jetées régulièrement endommagées par les cyclones. Installée sur la jetée sud, elle laissera son nom au quartier voisin.

Cependant, le creusement de la darse de plaisance à la fin des années 1960, entraîne la disparition de la quasi-totalité du quartier Titan jusqu’à la limite du cimetière. Les habitants sont relogés dans un nouveau quartier, plus proche des berges de la rivière des Galets, le quartier « satec ».

N° d’inventaire : 15P1.DU1.17 Réunion. – Le Titan posant des blocs de 100 tonnes à la Jetée Sud du Port / Cliché Octave du Mesgnil – 17. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, [1905]. IHOI / Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- )
IGN 1969 – IGN 1973

Le Grand Marché

Le marché en bois sous tôles construit en 1896 est détruit par le cyclone de 1932.

En décembre 1934, le nouveau marché couvert ouvre ses portes. Il a une vocation régionale, tout l’Ouest de l’île venant s’y ravitailler. Il est aussi un haut-lieu de la vie portoise. Il accueille des meetings politiques, des bals populaires, du cinéma en plein air et du théâtre.

Il fait l’objet d’une rénovation en 1970. Malgré son fronton caractéristique, il ne cessera de décliner durant les décennies suivantes, notamment à cause de la généralisation de marchés forains.

En 2018, le Grand Marché ouvre à nouveau ses portes au public. La requalification des activités et la rénovation sont portées par la municipalité dans l’objectif d’une redynamisation de son centre-ville.

Réunion. – PORT. – Le Marché / Cliché Octave du Mesnil. – 31. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, 1905-1920. IHOI – Archives Départementales de La Réunion N° d’inventaire : 5FI11.21

Entrée façade du Grand Marché dans les années 1930- photographie en n. et b. [non identifié]- Archives de la Ville du Port N° d’inventaire : 21PH16
Entrée façade du Grand Marché dans les années 1930- photographie en n. et b. [non identifié]- N° d’inventaire : Grand-Marché 2 Le Grand Marché – photo OM Vidéo – [1970-1980] Archives de la Ville du Port

Rond-point Butte citronnelle

À l’origine, la Butte Citronnelle est un petit quartier constitué de sable noir, de touffes de bois de lait et de paillotes. Il désigne aujourd’hui le rond-point situé au début de l’avenue du 14 juillet 1789.

Cependant, la Butte Citronnelle reste un lieu emblématique de l’histoire du Port pour avoir été le théâtre de deux épisodes marquants.

Le 30 mars 1919

Le navire « Madonna » arrive au port de la Pointe des Galets. Dans ces cales, en guise de lest, de la terre prélevée dans le vieux cimetière des pestiférés de Dakar, remplie de germes de la terrible grippe espagnole. Le Port est, de fait, la première ville touchée par l’épidémie : plus de 7% des Portois sont emportés par la grippe espagnole. Un cimetière dédié aux victimes de l’épidémie est édifié sur un terrain d’un demi-hectare à cet emplacement.

Le Madonna – Collection privée Éric Boulogne

Le 28 novembre 1942

Le « Léopard », contre torpilleur des Forces Françaises Libres, est en rade de Saint-Denis. Des Portois, Léon de Lépervanche en tête, mènent une guérilla urbaine contre les « troupes pétainistes » du gouverneur basées au port. À 17h06, le Léopard bombarde la vieille batterie du port. Des éclats d’obus atteignent la Butte Citronnelle tuant deux jeunes femmes.

Le parc boisé

En décembre 1971, le nouveau conseil municipal adopte un plan d’urbanisme directeur. La première des cinq priorités consiste à « changer le climat par la végétalisation ». C’est dans ce cadre que la ville entreprend l’aménagement d’un superbe parc de 17 ha dans le quartier du Cœur Saignant.

Ce parc possède environ 150 espèces d’arbres, une cascade et deux îlots : l’arboretum et l’île aux oiseaux. En 2006, les enfants du collège de l’Oasis et de l’école Georges Thiébault conçoivent un parcours botanique avec 12 espèces végétales référencées.

En 2019, la Ville du Port confie à l’artiste Karl Kugel, la conception et la réalisation d’un espace symbolisant les liens avec la ville portuaire de Quelimane au Mozambique – un des ports de départ de nombreux Réunionnais d’origine africaine -. Le moringue s’impose alors naturellement, tant son inscription dans l’histoire et l’usage du site est évidente. L’œuvre proposée est appelée Rond de Cœur Saignant, du même nom que l’emplacement réputé où le moringue se pratiquait au Port jusque dans les années 1960.

Parc boisé 1973 / 1986
Le Moringue à La Réunion. – PORT / Cliché O.D.M. – 41. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, [1905]. IHOI / Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- ) N° d’inventaire : 15P1.DU1.41

Le pont de la rivière des Galets

Le premier pont de la rivière des Galets est construit pour le franchissement des trains du chemin de fer réunionnais en 1882. Il était situé bien plus en aval que le pont actuel, à peu près au même niveau que le pont de l’Axe Mixte. À l’époque, ce pont stratégique permettait de relier, en train, le nord-ouest de l’île au sud.

Le pont métallique de la rivière des Galets est réalisé à la fin des années 1930. Il n’a toujours eu qu’une vocation routière.

[Pont de chemin de fer enjambant la Rivière des Galets]. – 1879-1890. IHOI / Archives départementales de La Réunion / Albums photographiques d’Henri Antoine Théophile Georgi (1853-1891), négociant à Saint-Denis de 1879 à 1890 (7 FI) N° d’inventaire : 7FI1.24
Réunion. – PORT. – Le Pont de la Rivière des Galets / Cliché Octave du Mesgnil, – 22. IHOI / Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- ) N° d’inventaire : 15P1.DU1.22

ILE de La RÉUNION. – PORT. – Pont sur la Rivière des Galets, après le cyclone du 21 Mars 1904 / Cliché Luda. – [Nancy : Impr. réunies de Nancy], [1905-1910]. Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- ) N° d’inventaire : 15P1.LU1.96
Ile de La Réunion. – Transbordement à la Rivière des Galets Cyclone des 21/22 Mars 1905 / Cliché Luda. – [Nancy : Impr. réunies de Nancy], [1905-1910]. IHOI / Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- ) N° d’inventaire : 15P1.LU1.98

Les portes de Mafate

L’inaccessibilité et la géographie particulière du cirque de Mafate lui confèrent la symbolique du paradis perdu. Les remparts du cirque s’ouvrent légèrement par les gorges de la rivière des Galets qui est, de fait, la porte d’entrée naturelle de Mafate.

Les premiers hommes à venir se réfugier dans son cœur, sont les Marrons, des esclaves fuyant leurs conditions de servilité. Après l’abolition de l’esclavage, des « petits blancs » paupérisés viennent aussi s’y installer pour cultiver des terres. Les habitants actuels sont les descendants de ces deux catégories de personnes.

En 1874, le Service Forestier prévoit de reboiser le cirque. Après des années à supporter la pression liée aux menaces d’expulsion, les habitants parviennent à chasser les forestiers.

L’isolement naturel et la difficulté d’accès au cirque font de Mafate un espace protégé qui porte intrinsèquement les valeurs de liberté et de lutte contre l’oppression.

Souvenir de l’Ile Bourbon n° 34. Rivière des Galets (Saint-Paul) / Roussin, Louis Antoine. Dessinateur et lithographe. – 1847. IHOI / Musée Léon Dierx N° d’inventaire : 1989.03.35

Ce parcours patrimonial est composé de 3 types de supports complémentaires :

  • Des bornes sont placées in situ sur les sites identifiés.
  • Des panneaux fixés sur les grilles de la mairie du Port présentent brièvement les sites avec un cliché ancien.
  • Un livret (contenu présenté ici) apporte davantage d’informations sur ces mêmes sites et propose un circuit de visite.

 

TCO et Mairie du Port

Recherches, conception, écriture : Geneviève Pothin (Dr en muséologie / Attachée Principale de Conservation du Patrimoine)

Graphisme et scénographie : Pascal Knoepfel / atelier Crayon Noir

Impression, fabrication des supports : RéuniPub


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Parcours patrimonial | La ville du Port


Au commencement était… le port

[Bassin du port de la pointe des Galets (Réunion)] / Charles Saunier. IHOI / Archives départementales de La Réunion / Collection des albums de Charles Saunier, photographe et éditeur à Saint-Denis, vers 1861-vers 1882 (11, 12 et 33 FI) N° d’inventaire : 33FI1.25  

1879-1895, la ville née d’un port

En 1873, la grande plaine inhabitée de la Pointe des Galets est choisie pour implanter un vrai port destiné à remplacer le système rudimentaire des marines.

La construction du port, démarrée en 1879, mobilise des milliers d’ouvriers appelés les « pionniers du désert ». Ils s’installent dans des cases ou paillotes de fortune à proximité des chantiers. La ville remplace peu à peu le désert. Le port de commerce est inauguré en 1886. Dix ans plus tard, la Pointe des Galets se détache de la commune de La Possession pour devenir une commune à part entière : Le Port. Tous les équipements – mairie, gare, marché, cinéma, église, école – sont construits pour les besoins de cette population. La classe ouvrière prédomine, les habitants étant essentiellement dockers, ouvriers ou cheminots. Le Port devient naturellement le berceau du syndicalisme réunionnais.

Entre la fin du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle, Le Port est le lieu de passage obligé. Le port est le trait d’union entre La Réunion et le reste du monde. Le chemin de fer fait le lien entre Le Port et le reste de l’île.

À partir de 1960, Le Port n’est plus l’unique point d’entrée

En 1930, la piste de l’aérodrome commercial de La Réunion, baptisé « Colonel Dagnaux », est construite sur le territoire portois, à l’emplacement de l’actuel nouveau port. Le port n’est plus le seul point d’entrée sur l’île. L’avion remplace le transport maritime des passagers. L’automobile remplace le chemin de fer à partir des années 1950-1960. Le nouveau plan de circulation contourne la ville. Enfin, la départementalisation provoque un profond bouleversement des structures économiques et sociales de l’île.

1971-1982, La reconquête

Dès 1971, l’équipe municipale en place fait le pari d’un aménagement global urbain dynamisant. Elle adopte le plan d’urbanisme directeur. Il s’agit de reconnecter la ville aux grands axes routiers, de reconquérir la façade maritime et de modifier le climat désertique par la végétalisation de la ville. La municipalité engage les travaux d’adduction d’eau, d’assainissement et d’amélioration des conditions d’habitat. Le premier programme de résorption de l’habitat insalubre de l’île se fait au Port. De nombreux et ambitieux équipements sportifs, scolaires et culturels sont construits.

À partir des années 1980,  rupture entre le port et Le Port

Les années 1980 et 1990 sont celles du défi de la reconversion économique : nouveau port, zones industrielles et zones d’activités. Les secteurs sont fortement diversifiés : technologie, information, images, son, formation. Le Port se trouve ainsi conforté dans son rôle de pôle économique majeur.

Cependant, le nouveau port construit à l’Est du territoire communal prend une dimension n’ayant plus aucune mesure avec celle de la ville. Il devient le troisième port français pour le volume de conteneurs traités et le seul port de France à cumuler les cinq fonctions de gare maritime, port de commerce, base navale, port de plaisance et port de pêche. La clôture érigée entre la ville et son port historique matérialise la rupture. La ville doit apprendre à vivre sans son espace portuaire historique.

Parallèlement, la Ville engage un ensemble de réalisations qui renouvelle le paysage urbain. Le parc boisé est construit sur la savane. Les travaux d’endiguement de la rivière des Galets permettent de récupérer des portions de berges. Le port de plaisance est étendu et modernisé. L’aménagement des zones d’activités économiques se poursuit.

Tous ces événements bouleversent l’organisation sociale et traditionnelle de la cité maritime. Une nouvelle logique économique s’impose, accentuée par le transfert des activités de l’ancien vers le nouveau port. Le centre-ville perd de son attractivité. La municipalité se trouve dans l’obligation de résorber l’habitat insalubre. C’est ainsi que la ville se développe en périphérie de la première couronne.

N° d’inventaire : 5P1.2006.JL.PL-248 La Réunion : vue aérienne du port de la Pointe des Galets / Jean Legros photogr.. – [La Réunion] : [s.n.], 1955-1960. IHOI – Fonds privé Jean Legros (1920-2004)
N° d’inventaire : 1984.07.04.20 Album de La Réunion : Port de la Pointe des Galets, d’après le plan-relief de M. le Capitaine Filoz / Roussin, Louis Antoine. Dessinateur et lithographe. – 1880. IHOI – Conseil général de La Réunion, Musée Léon Dierx

Hôtel de Ville

La Commune du Port est créée le 22 avril 1895. Dans un premier temps, les services de la mairie s’installent dans une modeste case. À partir de 1903, les services municipaux occupent « l’Hôtel du Port », rue Évariste de Parny. Le bâtiment de la mairie, à son actuel emplacement, est inauguré à la fin de l’année 1911 et achevé en mars 1913.

Au début des années 1950, le maire, Léon de Lépervanche,  décide de faire restaurer la mairie. Le cabinet d’architecte Jean Bossu est choisi pour remplacer le toit (bardeaux) et le parquet (bois) par des dalles en béton. La cour arrière est alors consacrée aux meetings et bals populaires.

Dans les années 1970, le bâtiment prend un étage supplémentaire. Durant la décennie suivante, la façade est modifiée. Le projet d’agrandissement est lancé en 2008. La nouvelle mairie comprend un nouveau bâtiment construit sur la plate-forme arrière.

1905

N° d’inventaire : 15P1.DU1.6 IHOI / Collection de cartes postales réunies par J.-F. Hibon de Frohen (1947- ) Réunion. – PORT. – La Mairie – Jour d’Election / Cliché O.D.M. – 6. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, [1905].

1911-1954

N° d’inventaire : 5FI11.93 IHOI / Archives départementales de La Réunion 2 – RÉUNION – Pointe des Galets : La Mairie. / E. Donat – Edition E. Donat. – [193.].

La place des Cheminots

Au début du XXe siècle, la voie ferrée passe à cet emplacement. Le cyclone de 1948 ravage les paillotes des ouvriers et employés du CPR. Le personnel est relogé dans de petites maisons construites sur un terrain en friche entre la rue des Volontaires (actuelle rue Léon de Lépervanche) et la gare.

50 ans plus tard, l’espace est rendu vacant pour y aménager un espace public. Il accueille le marché forain à partir de l’an 2000.

L’esplanade est baptisée « Place des Cheminots » en hommage aux travailleurs du chemin de fer.

N° d’inventaire : 5FI11.37 Réunion. – PORT. – Le Magasin général du Ch. de fer et du Port / Cliché O.D.M. – 62. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, [1905]. IHOI / Archives départementales de La Réunion
N° d’inventaire : 15P1.HM1.29 Notice complète : LA RÉUNION. – LA POINTE-des-GALETS. – La Gare / Cliché Henri Matthieu. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, [1900-1920]. Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- )

Chemin de fer

Les axes majeurs de la ville d’aujourd’hui correspondent au tracé du chemin de fer inauguré le 11 février 1882. À partir de la suppression du chemin de fer, officialisée le 6 avril 1956, les rails sont arrachés et/ou recouverts par le bitume. Mais le tracé demeure intact.

Le chemin de fer est très lié à l’histoire du Port.

D’abord parce que, à la fin du XIXe siècle, la construction du port et celle du chemin fer sont interdépendantes. Les rails s’étendent même jusqu’au bout des docks.

Ensuite, Léon de Lépervanche, maire du Port de 1945 à 1961 et député, est un cheminot. Il organisait les luttes syndicales en se déplaçant en train.

N° d’inventaire : 15P1.HM1.32 LA RÉUNION. – Rue de la Gare au Port (Pointe-des-Galets) / Cliché Henri Matthieu. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, [1900-1920]. IHOI /Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- )
N° d’inventaire : 15P1.TG1.2 Réunion. – Port de la pointe des Galets / [Non identifié]. – [S.l.] : [s.n.], [vers 1906]. Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- )

IGN 1950

Sur la ville du Port, les voies routières d’aujourd’hui suivent les tracés du chemin de fer.

Église Sainte-Jeanne d’Arc

Le projet de construire une véritable église au Port émerge en 1892 suite à une pétition de la population. La première pierre est posée en 1903, le chantier démarre en 1904. La nef se termine en juillet 1905. Le révérend-père Meillorat est l’architecte de l’église construite en matériaux locaux : basalte, moellon et pierre de taille.

Cependant, la charpente métallique, arrive par bateau – Ville de Majunga – en novembre 1907 seulement. Bien qu’inachevée, l’église est inaugurée une première fois le 6 janvier 1908 par l’abbé Pascal, vicaire général, jour anniversaire de la fête de Jeanne d’Arc.

Les murs du transept et du chœur sont achevés à la fin de l’année 1913 et une nouvelle inauguration a lieu le 5 avril 1915.

Au fil des décennies, l’église connaît plusieurs transformations : pose du carrelage en 1933, remplacement de la cure en bois sous tôle en 1964, réfection de la toiture en 1967 et pose de vitraux en 1968. La place de l’église est aménagée dans les années 1970.

En 1995, le clocher est réparé et l’horloge remplacée par une version électronique. Une autre rénovation a lieu 2005.

En 2010, une pierre située sous l’une des voûtes de l’entrée se détache. La commune du Port engage alors des travaux de sécurisation et de rénovation. L’église restaurée est inaugurée en juin 2018.

Réunion. – LE PORT. – L’Église en construction / O. Du Mesgnil, Port – 7 [Phot.]. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, [1912]. IHOI / Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- ) N° d’inventaire : 15P1.DU3.7
7 RÉUNION – Pointe des Galets – L’Eglise / [E. Donat éditeur]. – La Réunion : Edition E. Donat, [193.]. Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- ) N° d’inventaire : 15P1.DN1.7
Réunion. – Le Port. – Construction d’une cathédrale / Cliché E. Chardon – [s.l] : [s.n], [1904-1909]. IHOI / Archives Départementales de la Réunion N° d’inventaire : 5FI11.24

L’ancien bureau des douanes

Fleuron du patrimoine portois, ce bâtiment est l’une des plus anciennes bâtisses de la ville. Il figure sur le tout premier plan du port de la Pointe des Galets, il lui est même antérieur puisque sa construction s’est faite plus rapidement que celle du port.

Tourné face à la mer, juste au niveau du premier bassin creusé, il fait office de bureau des douanes, puis des services de la Poste. Depuis 1975, il est occupé par des services de la mairie. Il a conservé son cachet d’origine.

10 RÉUNION – Pointe des Galets : Bureaux des Douanes / [E. Donat phot.]. – La Réunion : Edition E. Donat, [193.]. Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- ) N° d’inventaire : 15P1.DN1.10

Le magasin D5, port Ouest, bassin Émile Hugot

Le magasin D5 a été construit en 1934, en remplacement d’un entrepôt détruit par le cyclone de 1932. Alfred Lebel en est l’architecte, comme plusieurs bâtiments de la Ville du Port construits à la même époque. Lors d’aménagements de l’enceinte portuaire dans les années 1970, le bâtiment est raccourci surtout sur sa façade sud ; D’où son volume cubique, une architecture unique sur l’île.

Le magasin D5 servait à entreposer le sucre destiné à l’exportation.

Grand Bassin du Port et les Docks / Henri Mathieu phot.. – [S.l.] : [s.n.], [1897-19..]. IHOI / Musée des arts décoratifs de l’océan Indien N° d’inventaire : 18P1.6_PHO.2012.2272.28
Le Port, Pointe des Galets : vue aérienne des bassins et des entrepôts du port / Jean Legros photogr.. – [La Réunion] : [s.n.], 1955-1960. IHOI / Fonds privé Jean Legros (1920-2004) N° d’inventaire : 5P1.2006.JL.PL-245

Les maisons des ingénieurs

Au début de la construction du port de la Pointe des Galets, cinq logements de fonction pour des ingénieurs du CPR (Chemin de fer et Port de La Réunion) sont édifiés. Les plans sont dressés en 1878. Les constructions démarrent dans la foulée pour s’achever en 1879. Elles sont édifiées face au bassin principal, tournées vers la mer.

Les maisons s’ouvrent sur le port et l’océan. Toutes construites selon le même plan, elles possèdent un corps central en maçonnerie, entouré de larges galeries qui font office de varangue. Ces villas s’apparentent à l’architecture coloniale des anciennes dépendances anglaises et françaises.

Trois villas subissent des modifications au milieu du XXe siècle. Les deux, qui ont gardé leur physionomie d’origine, sont inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 2014.

La Réunion. Pointe des Galets – Vue sur Le Port] / [Non identifié]. – [S.l.] : [s.n.], [Date ?] IHOI / Musée des arts décoratifs de l’océan Indien N° d’inventaire : 18P1.15_PHO.2012.2282.1

Quartier Épuisement, Quartier Titan

Dès le début de la construction du port en 1879, les ouvriers, aussi appelés les « pionniers du désert », s’installent dans des baraquements sommaires dans la proximité immédiate du chantier : le quartier Épuisement. Il tire son nom d’un puits situé entre les premiers bassins portuaires et le lit de la rivière des Galets.

À partir de 1883, la compagnie du Chemin de Fer et Port de La Réunion (CFPR) rencontre de graves difficultés liées à la découverte d’un banc de roches très dures large de 30 mètres traversant l’avant-port de part en part.

Pour pouvoir continuer les travaux, la Compagnie installe « Titan », une énorme machine de 3 tonnes montée sur rails, déplaçant les blocs de 120 tonnes de bétons lestés de canons.

À la fin du chantier en 1886, la grue Titan est affectée à la réfection des jetées régulièrement endommagées par les cyclones. Installée sur la jetée sud, elle laissera son nom au quartier voisin.

Cependant, le creusement de la darse de plaisance à la fin des années 1960, entraîne la disparition de la quasi-totalité du quartier Titan jusqu’à la limite du cimetière. Les habitants sont relogés dans un nouveau quartier, plus proche des berges de la rivière des Galets, le quartier « satec ».

N° d’inventaire : 15P1.DU1.17 Réunion. – Le Titan posant des blocs de 100 tonnes à la Jetée Sud du Port / Cliché Octave du Mesgnil – 17. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, [1905]. IHOI / Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- )
IGN 1969 – IGN 1973

Le Grand Marché

Le marché en bois sous tôles construit en 1896 est détruit par le cyclone de 1932.

En décembre 1934, le nouveau marché couvert ouvre ses portes. Il a une vocation régionale, tout l’Ouest de l’île venant s’y ravitailler. Il est aussi un haut-lieu de la vie portoise. Il accueille des meetings politiques, des bals populaires, du cinéma en plein air et du théâtre.

Il fait l’objet d’une rénovation en 1970. Malgré son fronton caractéristique, il ne cessera de décliner durant les décennies suivantes, notamment à cause de la généralisation de marchés forains.

En 2018, le Grand Marché ouvre à nouveau ses portes au public. La requalification des activités et la rénovation sont portées par la municipalité dans l’objectif d’une redynamisation de son centre-ville.

Réunion. – PORT. – Le Marché / Cliché Octave du Mesnil. – 31. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, 1905-1920. IHOI – Archives Départementales de La Réunion N° d’inventaire : 5FI11.21

Entrée façade du Grand Marché dans les années 1930- photographie en n. et b. [non identifié]- Archives de la Ville du Port N° d’inventaire : 21PH16
Entrée façade du Grand Marché dans les années 1930- photographie en n. et b. [non identifié]- N° d’inventaire : Grand-Marché 2 Le Grand Marché – photo OM Vidéo – [1970-1980] Archives de la Ville du Port

Rond-point Butte citronnelle

À l’origine, la Butte Citronnelle est un petit quartier constitué de sable noir, de touffes de bois de lait et de paillotes. Il désigne aujourd’hui le rond-point situé au début de l’avenue du 14 juillet 1789.

Cependant, la Butte Citronnelle reste un lieu emblématique de l’histoire du Port pour avoir été le théâtre de deux épisodes marquants.

Le 30 mars 1919

Le navire « Madonna » arrive au port de la Pointe des Galets. Dans ces cales, en guise de lest, de la terre prélevée dans le vieux cimetière des pestiférés de Dakar, remplie de germes de la terrible grippe espagnole. Le Port est, de fait, la première ville touchée par l’épidémie : plus de 7% des Portois sont emportés par la grippe espagnole. Un cimetière dédié aux victimes de l’épidémie est édifié sur un terrain d’un demi-hectare à cet emplacement.

Le Madonna – Collection privée Éric Boulogne

Le 28 novembre 1942

Le « Léopard », contre torpilleur des Forces Françaises Libres, est en rade de Saint-Denis. Des Portois, Léon de Lépervanche en tête, mènent une guérilla urbaine contre les « troupes pétainistes » du gouverneur basées au port. À 17h06, le Léopard bombarde la vieille batterie du port. Des éclats d’obus atteignent la Butte Citronnelle tuant deux jeunes femmes.

Le parc boisé

En décembre 1971, le nouveau conseil municipal adopte un plan d’urbanisme directeur. La première des cinq priorités consiste à « changer le climat par la végétalisation ». C’est dans ce cadre que la ville entreprend l’aménagement d’un superbe parc de 17 ha dans le quartier du Cœur Saignant.

Ce parc possède environ 150 espèces d’arbres, une cascade et deux îlots : l’arboretum et l’île aux oiseaux. En 2006, les enfants du collège de l’Oasis et de l’école Georges Thiébault conçoivent un parcours botanique avec 12 espèces végétales référencées.

En 2019, la Ville du Port confie à l’artiste Karl Kugel, la conception et la réalisation d’un espace symbolisant les liens avec la ville portuaire de Quelimane au Mozambique – un des ports de départ de nombreux Réunionnais d’origine africaine -. Le moringue s’impose alors naturellement, tant son inscription dans l’histoire et l’usage du site est évidente. L’œuvre proposée est appelée Rond de Cœur Saignant, du même nom que l’emplacement réputé où le moringue se pratiquait au Port jusque dans les années 1960.

Parc boisé 1973 / 1986
Le Moringue à La Réunion. – PORT / Cliché O.D.M. – 41. – Nancy : Impr. réunies de Nancy, [1905]. IHOI / Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- ) N° d’inventaire : 15P1.DU1.41

Le pont de la rivière des Galets

Le premier pont de la rivière des Galets est construit pour le franchissement des trains du chemin de fer réunionnais en 1882. Il était situé bien plus en aval que le pont actuel, à peu près au même niveau que le pont de l’Axe Mixte. À l’époque, ce pont stratégique permettait de relier, en train, le nord-ouest de l’île au sud.

Le pont métallique de la rivière des Galets est réalisé à la fin des années 1930. Il n’a toujours eu qu’une vocation routière.

[Pont de chemin de fer enjambant la Rivière des Galets]. – 1879-1890. IHOI / Archives départementales de La Réunion / Albums photographiques d’Henri Antoine Théophile Georgi (1853-1891), négociant à Saint-Denis de 1879 à 1890 (7 FI) N° d’inventaire : 7FI1.24
Réunion. – PORT. – Le Pont de la Rivière des Galets / Cliché Octave du Mesgnil, – 22. IHOI / Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- ) N° d’inventaire : 15P1.DU1.22

ILE de La RÉUNION. – PORT. – Pont sur la Rivière des Galets, après le cyclone du 21 Mars 1904 / Cliché Luda. – [Nancy : Impr. réunies de Nancy], [1905-1910]. Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- ) N° d’inventaire : 15P1.LU1.96
Ile de La Réunion. – Transbordement à la Rivière des Galets Cyclone des 21/22 Mars 1905 / Cliché Luda. – [Nancy : Impr. réunies de Nancy], [1905-1910]. IHOI / Fonds privé Jean-François Hibon de Frohen (1947- ) N° d’inventaire : 15P1.LU1.98

Les portes de Mafate

L’inaccessibilité et la géographie particulière du cirque de Mafate lui confèrent la symbolique du paradis perdu. Les remparts du cirque s’ouvrent légèrement par les gorges de la rivière des Galets qui est, de fait, la porte d’entrée naturelle de Mafate.

Les premiers hommes à venir se réfugier dans son cœur, sont les Marrons, des esclaves fuyant leurs conditions de servilité. Après l’abolition de l’esclavage, des « petits blancs » paupérisés viennent aussi s’y installer pour cultiver des terres. Les habitants actuels sont les descendants de ces deux catégories de personnes.

En 1874, le Service Forestier prévoit de reboiser le cirque. Après des années à supporter la pression liée aux menaces d’expulsion, les habitants parviennent à chasser les forestiers.

L’isolement naturel et la difficulté d’accès au cirque font de Mafate un espace protégé qui porte intrinsèquement les valeurs de liberté et de lutte contre l’oppression.

Souvenir de l’Ile Bourbon n° 34. Rivière des Galets (Saint-Paul) / Roussin, Louis Antoine. Dessinateur et lithographe. – 1847. IHOI / Musée Léon Dierx N° d’inventaire : 1989.03.35

Ce parcours patrimonial est composé de 3 types de supports complémentaires :

  • Des bornes sont placées in situ sur les sites identifiés.
  • Des panneaux fixés sur les grilles de la mairie du Port présentent brièvement les sites avec un cliché ancien.
  • Un livret (contenu présenté ici) apporte davantage d’informations sur ces mêmes sites et propose un circuit de visite.

 

TCO et Mairie du Port

Recherches, conception, écriture : Geneviève Pothin (Dr en muséologie / Attachée Principale de Conservation du Patrimoine)

Graphisme et scénographie : Pascal Knoepfel / atelier Crayon Noir

Impression, fabrication des supports : RéuniPub


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Ce contenu a été publié le , il y a 3 mois. et a été consulté 125 fois.
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